Mon experience de Karateka épisode 1.

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Je me suis reveillé ce matin avec une pensée qui me ronge l’esprit depuis ce mois de février 2018 ou je réussis avec tout le mal du monde à prendre ma ceinture noire 1ere Dan de Karaté Shotokan. Des gens m’ont félicité, m’ont dit des mots encourageant, mais personne ne sait le chemin par lequel je suis passé.
Très jeunes, je commence le karaté contre la volonté de mes parents, un ami d’enfance m’initie aux katas pendant les vacances scolaires, seuls moments où vivant en cette periode dans mon village natal, je pouvais avoir accès a cet art martial. Je devais alors mentir que j’allais jouer au football pour ensuite pendant que mes camarades s’exibaient au football dans la cours de l’école primaire du village, nous nous cachions derrière les salles de classe pour ne pas être vu au risque de se faire dévoiler aux parents. Nous pratiquions les katas tous les jours pendant au moins deux heures.
Je ne me rappelle pas avoir eu mal ou de la peine, tellement j’étais enthousiasmé, mais aussi le jeune âge et la force physique et mentale de la jeunesse me permettaient de ne pas sentir la peine que je m’infligeais à moi même. Nous pouvions reprendre un katas plusieurs fois, sans savoir ni pourquoi nous le faisions, non plus si nous le faisions bien. nous avions le schéma, l’envie de pratiquer, la volonté, l’énergie et l’adrénaline et c’était suffisant pour nous. Alors que pour beaucoup de personnes à cette epoque là et même jusqu’à nos jours, la pratique des arts martiaux relevait du domaine des secteurs ou sectes pernitieuses. Je continuais cette pratique pendant plus de 3-5 ans avant de pouvoir me retrouver dans la capital départementale et plus précisemment dans la ville de Bangangté ou je m’inscrivais alors pour la premiere fois dans un club ou je pouvais aspirer à porter un kimono.
J’avais alors 16 ans.
A mon arrivée dans le seul club de la ville situé à la “maison de la femme”, le seul temple des arts martiaux dans la ville ou se pratiquaient le karaté shotokan, le judo et plutard le korikodo un art martial créé par un Camerounais dont je ne me souviens plus du nom. Mon premier maître Jouokem Vivien était alors ceinture Marrone, mais d’une maîtrise épatante de la chose, il préparera et passera sa ceinture noire sous nos yeux ébaillis. Je pense qu’en ce moment là il avait plus de niveau car il maîtrisait plusieurs katas supérieurs. Ce qui me manque le plus de cette époque c’est la hargne que nous avions de partir au club avec le karategi bien plié avec la ceinture tout autour en courant. Des moments inoubliables lorsque nous passions les jours de défilés devant le préfet et toutes ses convives assis dans la prestigieuse tribune de la ville de Bangangté. Il nous arrivait de supporter des heures et des heures sous le soleil de la saison sêche du mois de Février (fête de la jeunesse) ou sur la pluie de la saison des pluies du mois de Mai (fête nationale). Pendant ce temps nous faisions des démonstrations puis il nous arrivait de marcher sur plus ou moins 1 km, pieds nus sur un goudron brûlant, mais à peine sentions les brûlures vus que nous en avions déjà l’habitude. Juste après le défilé nous créions une sorte de tatami ouvert et venait alors la phase des démonstrations à la chinoise devant un public totalement amoureux et comptant de nous voir à l’oeuvre. C’est avec beaucoup de souvenir et la joie au coeur que ces moments délicieux m’éfleurent l’esprit et me plongent dans des pensées profondes. Des instants inoubliables et chaques fois l’image des amis et compagnons perdus tous de vu qui pour beaucoup auront certainement déjà abandonné et ce depuis belle lurette cet art martial dont tous étions amoureux.
Une des choses ayant marqué mon expérience de karatéka à Bangangté est la division de notre mythique club en deux suite à un problème de personalité entre notre entraîneur et un autre qui avant partageaient beaucoup. Les détails je ne pourrais m’y prononcer car avec matûrité, je me rends compte que nous étions soit trop jeune pour comprendre ou n’avions aucune idée de la vérité de ce qui se passait réellement entre les deux. Nous suivrons Mr Onana (alors nommé entraineur départemental) pour nous installer à la maison de partie juste à l’entrée de la ville de Bangangté. Les souvenirs de cette seconde phase me rappelle les stages départementaux à Tonga, Bazou… Où nous arrivions comme des professionnels et étions attendus comme des stars. Nous passions des jours de travail instance, nous entrainant sur les sols durs sans tatami, sans protection, sous la chaleur ou le froid selon le climat et la saison. Mais rien ne pouvait nous faire baisser les bras ni perdre la motivation tellement nous étions rompus au devoir du karateka, car nous récitions avant et après tous les entraînements la fameuse promesse du karaté (“Je dois toujours me rappeler que j’ai entrepris l’étude du karaté pour avoir une claire conscience en toute chose… Je ne l’utiliserais que comme moyen de légitime défense”). Cette dynamique départementale et la relation de notre entraîneur avec la fédération nous permettra d’abriter la première compétition nationale dans la ville de Bangangté. Tout jeune (+/- 18 ans), c’était mon premier tournoi national et il fallait sauver l’honneur du club. Si j’ai bonne mémoire, nous étions 7 à participer aux combats par équipe et nous nous trouvons éliminer au premier tour avec un seul combat nul, le mien. Je venais d’écrire mon nom dans l’histoire d’un club qui mourra quelque année après que ma génération change de ville pour raison d’étude.
En effet presque tous avions fini avec le baccalauréat et avions quitté la ville pour d’horizons divers chacun dans une ville de son choix selon quelle étude supérieure il/elle allait faire.
Je me retrouve à Yaoundé portant la ceinture bleue que j’ai arborée pendant presque 2.5 ans. Etant étudiant, pauvre en même temps, il était question pour moi de trouver un club proche de moi où je ne devais pas depenser pour y aller. Je posais mes valise au Yaounde University Club (YUC) dirigé par Maître Olobo ceinture noire 4ieme Dan. Ce fût celui qui me permit de comprendre l’essence du karaté et surtout de mettre en compétition ma force, mon savoir et ma motivation dans l’art. Il m’arrivait parfois de me retrouver seul avec lui un soir de pluie intense, car personne n’était venu s’entrainer. Je profitaias alors de son enseignement avec moi comme seul elève pour apprendre beaucoup de choses. Je passerais avec succès mon examen de ceinture marrone avec Mtre Raphael Olobo. Je me souviens de ces soirées au club toujours animimés et motivés par “couler la sueur” et apprendre de nouvelles techniques.
Pour des raisons ecoéconomiques j’abandonne le karaté vers les années 2007 après plus de 8 ans de pratique intensive. Je devais me déplacer constamment pour raison de travail et ceci dans des villages reculés ou il n’y avait aucun club. Il faut signifier qu’au Cameroun comme dans beaucoup de pays en Afrique, le développement ou du moins ce qui en est se note plus dans les villes. La majorité des villages n’ont même pas d’electricite ni d’eau. Donc rêver d’un club de karaté y serait utopie totale. Bref je quitte les entraînements et alors bienvenue à l’augmentation de poids, aux conditions du coprs, a la fatigue continue, la perte de motivation, la perte de vigueur et de force physique…
C’est un adieu temporaire car j’aurais un révélation +/-13 ans après. Je vous le raconte dans mon prochain article.
Clotaire Ntienou (CN 1dan)
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